Cela fait maintenant plus d’un mois qu’on a pris nos quartiers au SEFA de Carcassonne, et la différence avec le contexte ENAC s’est faite sentir dès l’arrivée. Ici, c’est pas Védrines. Les locaux sont quasi-neufs, et même jolis. A la place d’un chantier permanent et d’une bretelle d’autoroute en construction, on a vue sur une piste d’atterrissage et un jardin -un vrai, avec pelouse, arbres, et un bassin à poissons !-, on pousse même le luxe jusqu’au barbecue abrité pour manger dehors si le temps n’est pas CAVOK.
Ça, c’était pour le côté reposant… celui par lequel on a découvert la vie ici, celui rythmé par les cours théoriques et les pauses café. Et puis, il a pris fin. Mais vraiment fin, et vraiment très vite. Quand on a fait connaissance avec notre instructeur, il a dit rendez vous 8h, avec avion et briefing météo prêts. Ça, c’était le début des hostilités, on commence tôt et on a du boulot.
Mais depuis, on a commencé à voler. La première semaine, ça a pas été évident avec le temps, donc il a fallu se contenter des minimas VFR, plafond bas et visi pourrie. Pas terrible pour prendre la main sur un nouvel avion, et fixer des assiettes de référence pour travailler. Et puis le vent s’en est mêlé, à Carcassonne, c’est rarement en dessous de vingt nœuds. Pour le premier vol, des rafales à 35, avec les turbulences de la Montagne Noire, et un instructeur qui hurle de tenir cette fichue assiette, ça fait du sport !
Deux semaines qu’on a débuté les vols. Cinq lignes dans le carnet, six heures, et six atterrissages plus tard, ça ne s’est pas vraiment calmé. Nos vols sont maintenant tous notés, et les tolérances se sont bien réduites : un écart de 50ft ou 5kt et ça râle à droite ! Le but, c’est de gagner en disponibilité et en autonomie, pour le plus vite possible être déchargés de la tâche de pilotage de l’avion … marrant pour une formation de pilotes.
Tout à l’heure, j’ai pris ma première vraie décision aux commandes du TB20 : j’ai raté mon arrondi, et remis les gaz. Approche ratée : sûrement, mais sécurité assurée. Ou comment rendre un vol quelconque marquant.
Demain, meme heure, meme endroit, on finira bien par l’apprivoiser ce tas de tôle.